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Réduire l’impact environnemental du trafic aérien

 

Réduire l’impact environnemental du trafic aérien

 

Œuvrer à la fois localement et mondialement.

 

L’impact du trafic aérien sur l’environnement est un défi inter- national qui requiert des mesures mondiales. notre politique environnementale  et  notre  système  de  gestion  se  déploient  toutefois  déjà  à  l’échelon  local.  À  cet  égard,  skyguide  œuvre activement  à  la  réduction  de  l’empreinte  environnementale de l’aviation avec le concours d’organismes locaux et internationaux.

 

Les efforts commencent au terminal: les pilotes des appareils  au départ d’un aéroport suisse ne reçoivent l’autorisation de faire tourner leurs moteurs que peu avant le pushback (ou repoussage). Et lorsque les appareils roulent sur le tarmac pour rejoindre la piste de décollage, certaines techniques déjà en pratique, comme l’utilisation d’un seul réacteur, ou en développement, comme les systèmes de roulage électriques, leur permettent de se déplacer sans déployer la pleine puissance de leurs moteurs.

 

Efficacité de la gestion des vols

 

De nouveaux réseaux de routes, de nouvelles procédures de vol et de nouveaux outils d’assistance devraient permettre de réduire la consommation de carburant et les émissions sonores. C’est le cas, par exemple, d’iStream, de XMAN, de l’amélioration des profils de vol sur le plan vertical et de l’introduction d’un réseau de routes libres permettant des trajectoires plus directes (Free route airspace). Skyguide, avec le concours d’autres services de navigation aérienne, de compagnies aériennes, d’aéroports et d’Eurocontrol, a procédé à une évaluation des vols arrivant très tôt le matin à Zurich. Le principe du «premier arrivé, premier servi» appliqué précédemment par le contrôle aérien aux vols en approche à l’aéroport de Zurich avait pour effet de mettre en circuit d’attente les avions arrivant juste avant la fin de l’interdiction des vols de nuit et de produire ainsi d’inutiles émissions sonores et polluantes. L’introduction d’un système de gestion de l’heure d’arrivée (target time management), visant à attribuer un créneau horaire précis à chaque appareil en approche, a permis d’améliorer la fluidité du trafic et de réduire de ce fait le bruit et la consommation de kérosène.

 

Ainsi que l’explique Eurocontrol, «l’objectif de XMAN (contrôle d’approche étendu) est d’optimiser le flux des arrivées en agissant sur la vitesse des appareils plus en amont, lorsque ceux-ci se situent encore dans l’espace aérien des centres de contrôle limitrophes. Le temps d’attente des aéronefs faisant route vers des aéroports surchargés est réduit en limitant leur vitesse de croisière durant la dernière phase de vol, à plusieurs centaines de kilomètres de l’aéroport de destination. Cette méthode permet d’accroître l’efficacité de vol en réduisant la consommation totale de carburant et les émissions de CO2». La décongestion du trafic aérien en région terminale contribue également à réduire le bruit et à améliorer la sécurité opérationnelle en allégeant la charge de travail des pilotes et des contrôleurs aériens. Plus de 75% du trafic à l’arrivée à Zurich bénéficie d’ores et déjà de cette mesure. Avec XMAN, la réduction des émissions de CO2 à l’horizon 2023 est évaluée à 33,5 kT par an.

 

 

 

Nouvelles techniques, nouvelles procédures

L’amélioration des profils de vol sur le plan vertical permet d’optimiser l’efficacité énergétique des aéronefs empruntant l’espace aérien suisse. Sachant que l’efficacité énergétique d’un avion en vol dépend de son altitude de croisière, des accords internationaux régissant le transfert de responsabilités entre les contrôleurs des différents centres ont été signés pour les périodes estivale et hivernale, afin d’adapter au mieux les profils de vol à la densité saisonnière du trafic. Cette mesure permet de réaliser des économies d’énergie estimées à 7,8 GWh par an.

L’introduction progressive de trajectoires plus directes, enfin, se traduira également par de substantielles économies d’énergie. Des améliorations sont mises en œuvre chaque année dans le cadre du projet de réseau de routes directes (Direct Routing Airspace). Celui-ci vise à une meilleure planification des vols passant par la Suisse grâce à des trajectoires de vol plus courtes. Un modèle encore plus ambitieux de réseaux de routes libres (Free Route Airspace) devrait être mis en œuvre à l’horizon 2022.

 

Avec Swiss International Air Lines et l’aéroport de Zurich, skyguide a également participé au programme AIRE (Atlantic Interoperability Initiative to Reduce Emissions) qui contribue à améliorer l’efficacité des vols transatlantiques à destination de Zurich sous l’égide de SESAR, chargé de coordonner les activités de recherche dans le domaine de la gestion du trafic aérien.

 

Lorsqu’ils sont en phase d’approche de l’aéroport, les pilotes doivent traditionnellement réaliser une descente en plusieurs paliers entre leur altitude de croisière et le sol ; pour ce faire, ils passent d’une altitude à l’autre, remettant les gaz à chaque palier pour stabiliser la trajectoire. Les nouvelles technologies permettent une surveillance beaucoup plus précise de la position de chaque aéronef dans l’espace aérien et offrent ainsi une vision bien meilleure de l’ensemble du trafic. Ce progrès a conduit à une nouvelle technique dite de descente continue par laquelle l’avion se laisse pour ainsi dire «glisser» vers l’aéroport avec une puissance de réacteurs très réduite, ce qui lui permet de limiter sa consommation de carburant et ses émissions sonores. Lorsqu’elle sera mise en œuvre aux aéroports de Genève et de Zurich, la descente continue offrira des économies d’énergie de 133 GWh par an.